Congé de paternité et d’accueil de l’enfant : durée, conditions et démarches
02 novembre 2026
À quoi sert le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant permet au père de l’enfant ou à la personne qui partage la vie de la mère de suspendre temporairement son activité professionnelle après une naissance. Il concerne les salariés, mais aussi, sous des règles d’indemnisation spécifiques, certains travailleurs indépendants et agents publics.Ce congé ne doit pas être confondu avec le congé de naissance. Dans le secteur privé, le congé de naissance correspond à trois jours ouvrables accordés par le Code du travail. Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant vient ensuite et obéit à un régime différent. Les jours obligatoires du congé de paternité doivent être pris immédiatement après le congé de naissance, sauf situation particulière prévue par les textes.
Le dispositif vise à permettre une présence auprès du nouveau-né et de la mère, tout en protégeant le contrat de travail du salarié. Les règles peuvent varier selon le statut professionnel. Il est donc utile de vérifier à la fois les conditions de départ auprès de l’employeur et les conditions d’indemnisation auprès de l’Assurance Maladie, de la caisse compétente ou de l’administration.
Quelle est la durée du congé pour une naissance ?
Pour un salarié relevant du régime général, la durée est fixée par le Code du travail à :- 25 jours calendaires pour la naissance d’un enfant ;
- 32 jours calendaires en cas de naissance multiple.
Le congé est organisé en deux parties :
- une période obligatoire de quatre jours calendaires, prise immédiatement après le congé de naissance de trois jours ;
- une période de 21 jours calendaires pour une naissance simple ou de 28 jours calendaires pour une naissance multiple, qui peut être prise en une seule fois ou fractionnée.
Le congé de naissance et la première période obligatoire s’enchaînent. En pratique, pour une naissance simple, le salarié peut donc être absent sept jours calendaires consécutifs au début, puis utiliser les 21 jours restants plus tard, dans le délai légal.
Les situations qui modifient la durée ou le calendrier
Certaines circonstances nécessitent une organisation différente.Une naissance avant la date prévue : si l’accouchement intervient plus tôt que prévu et que le salarié n’a pas pu respecter le délai habituel d’information, il doit prévenir son employeur sans délai. Le congé peut alors commencer dans les conditions liées à la naissance effective de l’enfant.
L’hospitalisation du nouveau-né : lorsque l’enfant est hospitalisé immédiatement après sa naissance dans une unité de soins spécialisée, un congé supplémentaire de 30 jours calendaires consécutifs peut être accordé. Le salarié doit transmettre à sa caisse d’assurance maladie un document justifiant l’hospitalisation. Cette période se prend pendant l’hospitalisation et s’ajoute au congé de paternité prévu pour la naissance.
Le décès de la mère : le père ou la personne qui partage le foyer de la mère peut bénéficier d’un congé spécifique lorsque la mère décède à la suite de l’accouchement. Le congé est alors pris dans les conditions prévues pour le congé de maternité dont la mère n’a pas pu bénéficier. Une attestation médicale ou un justificatif adapté peut être demandé.
Les modalités précises doivent être vérifiées avec la caisse d’assurance maladie ou le service compétent, car la situation médicale et la date de l’événement peuvent avoir une incidence sur les justificatifs et les délais.
Qui peut bénéficier du congé de paternité et d’accueil ?
Le congé n’est pas réservé au père marié avec la mère de l’enfant. Dans le secteur privé, il peut être demandé par :- le père de l’enfant, quelle que soit sa situation familiale ;
- la personne qui n’est pas le père mais qui partage la vie de la mère, dans le cadre d’un mariage, d’un pacte civil de solidarité ou d’un concubinage.
Le congé peut être pris quel que soit le type de contrat de travail, notamment en contrat à durée indéterminée ou en contrat à durée déterminée, sous réserve des conditions liées à l’exécution du contrat. Un salarié dont le contrat arrive à son terme pendant le congé ne bénéficie pas automatiquement d’une prolongation du contrat, sauf disposition particulière ou situation protégée prévue par la loi.
Le congé de paternité constitue un droit. L’employeur ne peut pas le refuser lorsque les conditions et les délais sont respectés. Une convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables, notamment une rémunération complémentaire ou un délai de prévenance différent, mais elle ne peut pas supprimer les droits légaux.
Les démarches à effectuer auprès de l’employeur
La démarche doit être anticipée autant que possible. Le salarié informe son employeur de la date prévisionnelle d’accouchement et des dates de début et de fin de chaque période de congé. Le Code du travail prévoit une information au moins un mois avant le début de la période concernée.La demande peut être remise en main propre contre décharge, envoyée par lettre recommandée ou transmise par un moyen permettant de prouver la date et le contenu de l’information. Un courriel peut être utile dans l’organisation quotidienne, mais il est préférable de conserver une preuve claire de l’envoi et de l’accord sur les dates.
La demande devrait mentionner :
- la date prévue de l’accouchement ou la date de naissance si l’enfant est déjà né ;
- la date de début et la date de fin de la période obligatoire ;
- les dates de la seconde période, si elles sont déjà connues ;
- la demande éventuelle de fractionnement ;
- les justificatifs permettant d’établir le statut de bénéficiaire lorsque cela est nécessaire.
Comment l’indemnisation est-elle calculée ?
Le congé n’est généralement pas rémunéré par l’employeur comme une période de travail ordinaire. Le salarié peut percevoir des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture de droits et de cesser son activité pendant le congé.Selon les règles présentées par l’Assurance Maladie, le salarié doit notamment justifier d’une durée minimale d’affiliation et, selon sa situation, d’un nombre minimal d’heures travaillées ou d’un montant minimal de cotisations. Les conditions sont appréciées à la date du début du congé. Le salarié doit également cesser toute activité salariée ou assimilée pendant la période indemnisée.
Le montant de l’indemnité journalière est calculé à partir des salaires antérieurs soumis à cotisations, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le montant effectivement versé dépend donc de la rémunération de référence et des règles en vigueur au moment du congé. Certaines conventions collectives ou dispositions internes peuvent prévoir le maintien total ou partiel du salaire par l’employeur.
Pour éviter une erreur, il faut transmettre rapidement à la caisse les documents demandés, notamment l’acte de naissance, le livret de famille mis à jour ou un justificatif de filiation, ainsi que l’attestation de salaire établie par l’employeur. En cas de doute sur les droits, la caisse primaire d’assurance maladie est l’interlocuteur compétent. Les règles d’indemnisation sont susceptibles d’évoluer : les montants ne doivent pas être déduits d’un exemple ancien.
Cas des travailleurs indépendants et des agents publics
Les travailleurs indépendants peuvent bénéficier d’une indemnité journalière de paternité ou d’accueil de l’enfant lorsqu’ils remplissent les conditions prévues par leur régime. La demande relève généralement de la caisse d’assurance maladie et suppose une interruption effective de l’activité. Les modalités de durée et de calcul peuvent différer de celles applicables aux salariés. Un indépendant doit donc vérifier sa situation auprès de l’Assurance Maladie et, le cas échéant, de l’Urssaf avant de fixer ses dates.Pour les agents publics, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est également ouvert au père ou à la personne vivant avec la mère. La durée de référence est de 25 jours calendaires pour une naissance simple et de 32 jours pour une naissance multiple, avec une période de quatre jours prise immédiatement après le congé de naissance et une période complémentaire fractionnable. La demande est adressée à l’administration ou au service des ressources humaines, en principe au moins un mois avant le début du congé, avec les justificatifs requis.
Le régime applicable dépend toutefois du versant de la fonction publique et du statut de l’agent. Les fonctionnaires et les agents contractuels doivent consulter les règles de leur administration, notamment pour les formalités, le maintien de la rémunération et la transmission des pièces.
Une méthode simple pour préparer son congé
Pour limiter les difficultés administratives, une préparation en plusieurs étapes est utile :- Avant la naissance, estimer les dates possibles et prévenir l’employeur au moins un mois avant la première période, même si la date d’accouchement reste prévisionnelle.
- Choisir le calendrier : placer les quatre jours obligatoires juste après le congé de naissance, puis décider si les jours restants seront pris en une fois ou en deux périodes.
- Vérifier la convention collective afin d’identifier un éventuel maintien de salaire, des jours supplémentaires ou une procédure interne.
- Préparer les justificatifs : acte de naissance, document établissant le lien avec la mère si nécessaire, et attestation de salaire.
- Après la naissance, confirmer les dates réelles à l’employeur et transmettre les documents à la caisse d’assurance maladie.
- Conserver les preuves des demandes, des réponses et des pièces envoyées, notamment en cas de décalage entre la date prévue et la naissance.
| Démarche | Interlocuteur | Objectif |
|---|---|---|
| Dates d’absence | Employeur ou administration | Organiser et valider le calendrier du congé |
| Indemnités journalières | Assurance Maladie ou caisse compétente | Vérifier les droits et déclencher le versement |
| Maintien de salaire | Employeur et convention collective | Connaître le complément éventuel |
| Hospitalisation du bébé | Caisse d’assurance maladie | Demander le congé supplémentaire avec justificatif |
Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à confondre jours calendaires et jours ouvrés. Une période de 25 jours calendaires inclut les week-ends et les jours fériés. La deuxième est de prévenir l’employeur trop tard sans raison documentée. Même si le congé est un droit, un délai de prévenance facilite son organisation et permet de sécuriser la prise en charge.Il faut également éviter de réserver tous les jours au dernier moment. La période complémentaire doit être prise dans le délai légal de six mois, et le fractionnement est encadré. Une période trop courte ou plusieurs périodes non prévues peuvent être refusées si elles ne respectent pas les règles applicables.
Enfin, le salarié ne doit pas supposer que l’indemnisation est automatique. L’ouverture des droits dépend notamment de l’affiliation, de l’activité antérieure et de la transmission des documents. En cas de salaire maintenu, il est aussi nécessaire de vérifier si l’employeur pratique la subrogation, c’est-à-dire s’il perçoit directement les indemnités de la caisse et verse la rémunération au salarié selon les modalités prévues.
FAQ : les réponses aux questions courantes
Le congé peut-il être refusé par l’employeur ?
Non, lorsque le salarié remplit les conditions et respecte les formalités de demande. L’employeur peut demander les justificatifs nécessaires, mais il ne peut pas remplacer le congé par une simple autorisation d’absence à sa convenance.
Peut-on prendre les 25 jours en une seule fois ?
La première période de quatre jours doit être prise immédiatement après le congé de naissance. Les 21 jours restants peuvent être pris en une fois ou en deux périodes d’au moins cinq jours, dans les six mois suivant la naissance.
La personne qui n’est pas le père peut-elle en bénéficier ?
Oui, si elle partage la vie de la mère dans le cadre d’un mariage, d’un pacte civil de solidarité ou d’un concubinage. Des justificatifs peuvent être demandés.
Le congé est-il payé intégralement ?
Pas nécessairement. L’Assurance Maladie peut verser des indemnités journalières si les conditions sont remplies. Le maintien intégral ou partiel du salaire dépend ensuite de la convention collective, du contrat ou des règles applicables à l’employeur.
Que faire si le bébé est hospitalisé à la naissance ?
Il faut contacter rapidement la caisse d’assurance maladie et fournir le justificatif d’hospitalisation. Un congé supplémentaire de 30 jours calendaires consécutifs peut être prévu dans la situation définie par les textes.
À retenir : les règles juridiques et les montants d’indemnisation peuvent évoluer. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas l’avis de l’Assurance Maladie, du service des ressources humaines ou d’un professionnel du droit.
